Le Matin, 2004-07-04, page 62

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© Le Matin; 04.07.2004; page 62

Temps Libre

GRATUIT Un jeune Américain a réinventé le hébergement à l'œil en proposant son canapé sur le Net

Viens chez moi j'ai un sofa !

«Je venais d'acheter un billet d'avion lastminute pour aller en Islande, raconte Casey Fenton (photo ci-dessous). J'allais donc passer un long weekend dans ce pays où je ne connais personne. L'idée de passer mon temps dans un hôtel n'était pas très plaisante, j'ai donc envoyé des e-mails à différentes personnes dont j'avais trouvé l'adresse sur le Net. Evidemment, personne n'était prêt à m'accueillir à domicile. Finalement, j'ai déniché le nom et les adresses de 1500 étudiants et je leur ai, à tous, envoyé un message me présentant et expliquant ma conception du voyage. J'ai reçu une cinquantaine de réponses de personnes enchantées de me recevoir. J'ai choisi de passer ces quelques jours avec une chanteuse pop et ses copains. Du coup, j'ai passé un supermoment en Islande et j'ai décidé que, désormais, j'allais toujours voyager de la sorte. »

Et Casey Fenton de créer un site Internet pour « surfeurs de canapé ». L'idée est simple comme bonjour: si on possède un bout de sofa à Berlin, une chambre d'amis à Hanoi, un futon d'appoint à Hiroshima, un hamac aux Caraïbes ou une natte dans une cabane au Chili, on s'inscrit sur son site et on attend le touriste de passage. Une version moderne de « Viens chez moi, j'habite chez une copine », mais en bien plus convivial et moins prise de tête.

L'idée, qui a réellement germé dans l'esprit de cet habitant d'Anchorage, en Alaska, en 1996 lors d'un road-trip à travers les Etats-Unis, n'est pas nouvelle en soi. La technologie a simplement permis au webmaster d'internationaliser son art de se taper l'incruste et de faire du stop via la Toile. Et ça marche ! Les Nord-Américains ont évidemment été les premiers à s'emballer pour cet art du voyage aventureux sauce jeune. Désormais, le réseau compte 65 pays représentés !

Le site étant libre, personne ne sait à l'avance s'il dormira sur un matelas pourri ou défoncé ou s'il aura droit à un accueil familial. Ce qui est garanti, en revanche, c'est qu'aucun couch surfer n'aura affaire à un fou furieux et personne ne devra débourser que pouic pour pioncer. L'autre avantage en surfant sur les canapés de ces inconnus, c'est l'accès aux infos sympas de la ville du coin. « Je n'ai pas encore profité du système, mais j'ai déjà reçu une Américaine de San Francisco, qui, lors d'une balade en voiture, a demandé à s'arrêter dans un pâturage pour voir la première vache de sa vie en vrai. Elle a été stupéfaite par la taille de ces gentilles bêtes », évoque Denis Maillard, de la vallée de Joux, l'un des inscrits les plus récents. D'anecdotes en contacts sympas, le couch surfing s'annonce déjà comme le nouveau trend du jeune voyageur. Moi, je ne sais pas pour vous, mais je vais me dépêcher d'aller réserver mon sofa à Tokyo ! Bon été.

www.couchsurfing.com Annick Chevillot

Getty Images « COUCH SURFING » Ou la nouvelle manière sympa de se taper l'incruste chez des inconnus à travers le monde.

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